“Float like a butterfly, sting like a bee”. Cette phrase, comme un mantra, aura accompagné Mohamed Ali tout au long de sa carrière de boxeur, décrivant selon Drew Bundini Brown (l’un de ses entraîneurs et hommes de coin), le style si particulier de celui qui fut l’un des (si ce n’est LE) plus grands boxeurs de tous les temps : un danseur du ring, aussi léger et rapide qu’un papillon, aux esquives surprenantes et attaques fulgurantes. Ali reprendra bien vite cette formule à son compte, la scandant à tout venant, lors des séances d’entraînement, en conférence de presse, où qu’il soit, devant les journalistes qui partout le suivent, l’interpellent, l’interviewent.
Il est des films qu’on a vu bien jeune et qui nous ont marqué de leur empreinte sans même que sur l’instant on en prenne la mesure. Ce n’est qu’avec le temps, parfois après plusieurs années, que s’installe en nous le sentiment d’avoir vu quelque chose d’important - le film pourtant ne nous a laissé qu’un souvenir diffus. Et puis un jour, par un hasard qui n’en est sans doute pas un, ce souvenir remonte et avec lui l’envie de réemprunter le chemin de l’émerveillement, de revivre - peut-être (si notre mémoire ne nous a pas trompé) - le choc que nous avions reçu alors, de réveiller aussi le temps d’un film celui que nous étions quand ce moment de grâce nous a touché.
