Il aura fallu attendre six ans avant de retrouver Aki Kaurismäki au cinéma. Six années qui peuvent paraître longues et, finalement, pas tant que ça (!) puisqu'on croyait ne plus jamais revoir le réalisateur finlandais derrière la caméra après son annonce, lors du Festival de Berlin 2017, que "L'autre côté de l'espoir" serait son dernier long-métrage. Quelle joie donc de prendre une place de cinéma pour un "Nouveau Kaurismäki". Son film s'appelle Les feuilles mortes et résonne comme une parfaite invitation alors que les premiers signes de l'automne viennent seulement de faire leur apparition.
L’autre côté de l’espoir, voilà un titre de film qui en soi interpelle car si j’en juge par le fil de mes échanges, entre : la factrice, les amis, la famille, sans oublier mon for intérieur - un grand nombre d’entre nous passe ses journées à “espérer”… que la journée sera bonne, que les vacances se passeront bien, que ce film que nous avons choisi tiendra toutes ses promesses, que ce garçon finira par nous dire je t’aime, que ça va aller tout simplement… Mais une fois ce message d’espoir lancé, quoi ? On laisse souvent les clés au hasard. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts, le grand manitou des bonnes espérances devrait prendre le relais, notre bonne étoile va s’occuper de tout.
Bill Murray en costume sombre sur le palier d'une modeste maison blanche, un bouquet de roses à la main et l'air soucieux de celui qui se demande si c'est vraiment une bonne idée... Comme tapées sur une machine à écrire au ruban fatigué, des majuscules au rose flashy annoncent un joli et à la fois mystérieux "Broken Flowers". Juste en dessous, dans un noir discret, on lit : "un film de Jim Jarmusch"... Voilà une affiche qui, l'air de rien, rassemble les ingrédients d'une recette qui a tout pour plaire : un moment hors du temps proposé par un réalisateur qui assure au sujet d'un mec qui merdouille...
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