Quand on vous propose d’aller voir un spectacle, on se dit : youpi ! Et puis, quand on vous précise qu’il s’agit d’une lecture vivante - hésitation… : traquenard ? Car, si nos souvenirs de lecture des La Fontaine, Barthes, Céline, Guitry et compagnie par Luchini sont aussi nombreux que mémorables, n’est pas Luchini qui veut et le risque semble grand, qu’une fois bien installé dans notre fauteuil carmin, le cheminement de nos pensées finisse par prendre le dessus sur la scène et son lecteur si “vivant” soit-il.
Sur les photos, un rocker androgyne au maquillage appuyé, des paillettes comme deux larmes sous les yeux, veste chamarrée sur une chemise ouverte à la BHL avant BHL, heel boots et cheveux hirsutes... quand on a été biberonné dans l'univers rock US des 50's et la soul de la Motown, visuellement, c'est sûr, il y a de quoi avoir un petit choc...
Dès les premières lignes de L’équipage se produit un petit miracle. Joseph Kessel, en romancier génial, nous cueille avec une efficacité redoutable à l’évocation de la scène d’ouverture de ce roman que l’on se figure encore mieux que si nous étions devant un écran de cinéma. Une mère, un père, sur le seuil de la maison familiale, un jeune homme, leur enfant, en tenue militaire sa cantine neuve à ses pieds. Ils se disent au revoir. On ne les a jamais rencontrés, ils ne nous sont pas familiers et pourtant, sous la plume de Kessel, on vibre comme si ce moment c’était nous qui le vivions. Sur le pas de cette porte, nous voici tour à tour...
Et si finalement la sortie du nouveau film de Wes Anderson n'était pas le prétexte idéal pour une session prolongée (j'insiste là-dessus !) dans l'univers de ce cinéaste génial ? Question purement rhétorique car, à l'évidence, la réponse est : OUI ! Qui serait en effet assez fou pour se priver d'une chose rare : des films mêlant avec subtilité intelligence, poésie, drôlerie et esthétisme ? Evidemment, personne. Alors, on y va et sans réserve (!) car bonnes nouvelles : 1. On a peu de chance de faire un mauvais choix 2...
Quand on a 60 ans de carrière derrière soi, que l'on a tourné plus de 80 films avec le tout Hollywood, que l'on figure sur la liste des 25 plus grands acteurs américains de tous les temps (dressée par l'American Film Institute), choisir dans sa propre filmographie son film préféré ne doit pas être chose aisée... et c'est cependant sans difficulté que Kirk Douglas répondra à cette question...
On a tous entendu parler de Billy Wilder, évidemment, et qui n'a pas en tête le trio mythique que constituaient Marilyn Monroe, Tony Curtis et Jack Lemmon dans "Certains l'aiment chaud", sans doute le plus populaire des films de Wilder. Et pourtant, nous ne sommes probablement pas si nombreux à vraiment connaître son cinéma - sans parler de l'homme. Les moins cinéphiles d'entre nous se diront qu'ils ne s'en portent pas plus mal et qu'ils peuvent passer leur chemin. Grossière erreur ! Car en amoureux passionné du cinéaste, Jonathan Coe réussit avec son dernier livre "Billy Wilder et moi" le pari délicat d'amener à Wilder le plus réfractaire des lecteurs !
