Sauf à avoir passé ces douze dernières années à fermer les yeux devant chaque colonne Morris et à chaque station de métro, impossible d'avoir échappé aux affiches nous proposant de découvrir Dernier coup de ciseaux, véritable triomphe au théâtre depuis 2011 dans lequel le public est invité - de manière tout à fait originale - à prendre une part active dans la résolution d'une enquête policière. Alors, lorsque Sébastien Azzopardi et Sacha Danino, artisans de ce succès aux plus de 3.000 représentations, s'associent de nouveau à la création d'un second spectacle interactif, la curiosité est à son comble. Que nous réservent-ils avec L'embarras du Choix ? Telle est la question.
Dès les premières lignes de L’équipage se produit un petit miracle. Joseph Kessel, en romancier génial, nous cueille avec une efficacité redoutable à l’évocation de la scène d’ouverture de ce roman que l’on se figure encore mieux que si nous étions devant un écran de cinéma. Une mère, un père, sur le seuil de la maison familiale, un jeune homme, leur enfant, en tenue militaire sa cantine neuve à ses pieds. Ils se disent au revoir. On ne les a jamais rencontrés, ils ne nous sont pas familiers et pourtant, sous la plume de Kessel, on vibre comme si ce moment c’était nous qui le vivions. Sur le pas de cette porte, nous voici tour à tour...
Et si finalement la sortie du nouveau film de Wes Anderson n'était pas le prétexte idéal pour une session prolongée (j'insiste là-dessus !) dans l'univers de ce cinéaste génial ? Question purement rhétorique car, à l'évidence, la réponse est : OUI ! Qui serait en effet assez fou pour se priver d'une chose rare : des films mêlant avec subtilité intelligence, poésie, drôlerie et esthétisme ? Evidemment, personne. Alors, on y va et sans réserve (!) car bonnes nouvelles : 1. On a peu de chance de faire un mauvais choix 2...
Bill Murray en costume sombre sur le palier d'une modeste maison blanche, un bouquet de roses à la main et l'air soucieux de celui qui se demande si c'est vraiment une bonne idée... Comme tapées sur une machine à écrire au ruban fatigué, des majuscules au rose flashy annoncent un joli et à la fois mystérieux "Broken Flowers". Juste en dessous, dans un noir discret, on lit : "un film de Jim Jarmusch"... Voilà une affiche qui, l'air de rien, rassemble les ingrédients d'une recette qui a tout pour plaire : un moment hors du temps proposé par un réalisateur qui assure au sujet d'un mec qui merdouille...
Who's afraid of Virginia Woolf ? s'interroge-t-on en 1962 dans une pièce de théâtre d'Edward Albee puis de nouveau en 1966 lors de son adaptation au cinéma par Ralph Nichols avec à l'affiche le couple mythique Elizabeth Taylor / Richard Burton... Et si à cette question, force est de constater qu'aucune réponse n'est apportée au théâtre comme au cinéma, nous y répondrions bien volontiers : C'est nous qu'on a peur de Virginia Woolf ! Car, oui, il y a quelque chose d'intimidant chez Virginia Woolf, figure majeure de la littérature britannique dont la seule évocation emporte avec elle tout un mythe... Mais pas question de se laisser impressionner car, après tout, la vie nous prouve chaque jour que c'est en surmontant ses craintes que l'on remporte les plus belles victoires. Et ce roman en est la parfaite illustration.
Patti Smith, un nom qui résonne haut et fort dans l'univers rock, aussi haut et fort que lorsqu'on beugle le refrain de Because the night dans notre cuisine tout en portant l'eau des pâtes à ébullition pour le dîner des petits. Mais voilà, Patti Smith ne fait pas que chanter dans la vie. Depuis toujours, elle écrit - de la poésie et des romans - et, cuisson des pâtes terminées, le temps était venu de se plonger dans l'un de ses bouquins.
