Dans un petit barrio de Buenos Aires, Axel, que les enfants du quartier surnomment amicalement el Francès, coule des jours heureux, dans la douceur de journées qui s’étirent au soleil de la terrasse d’un café. Il discute avec passion de football en sirotant des boissons locales avec les habitués... et aussi, de temps en temps, en compagnie de Benjamin Biolay, avec lequel, loin du tumulte parisien, il s'est lié d'amitié. Ca, c'est la vie rêvée d'Axel bien loin de sa réalité d'employé de bureau de 46 ans, marié, père de deux adolescents, habitant dans un petit lotissement, avec voisins, dans un coin de France que rien ne distingue.
C’est bien simple, je vous mets au défi de ne pas aimer un livre de Jean Echenoz !
Faire le pitch de ce roman est quasi mission impossible et je dirais presque qu'on s'en fiche de l'histoire que nous raconte ce livre car l'univers d'Echenoz et son style suffisent à nous embarquer. Une plume brillantissime, un esprit vif, de l'absurde mêlé à de la profondeur, on mélange le tout dans un shaker et cela donne quelque chose de totalement unique et de très beau !
Il y a des livres comme ça, on n’a tout simplement pas le droit de passer à côté. Alors s’il n’est pas déjà dans votre bibliothèque : direction la librairie la plus proche et on repart avec “Une journée d’Ivan Denissovitch” d’Alexandre Soljenitsyne sous le bras. Je sais, certains me diront : “Intéressant mais j’ai besoin d’un truc plus léger en ce moment…”. Et comme une Amy Winehouse à qui l'on proposerait un petit séjour en Rehab, je vous répondrais "No, no, no !"… mais on s’égare…! Revenons à Denissovitch.
"Babylone, Babylone, Babylone, tu déconnes... Babylone, Babylone, bientôt t'écraseras plus personne" nous chantait Bill Deraime en 1981 dans un blues français qui balançait avec énergie du noir et de l'espoir en même temps. Il y a cependant fort à parier que ce n'est pas à cette chanson que pensait Yasmina Reza en intitulant son roman Babylone... et pourtant il n'est pas dit qu'Elizabeth et Jean-Lino, ses deux héros, ne se seraient pas sentis de reprendre en cœur ce refrain tellement ça déconne et ça écrase la vie, la leur, celle des autres, parfois...
Who's afraid of Virginia Woolf ? s'interroge-t-on en 1962 dans une pièce de théâtre d'Edward Albee puis de nouveau en 1966 lors de son adaptation au cinéma par Ralph Nichols avec à l'affiche le couple mythique Elizabeth Taylor / Richard Burton... Et si à cette question, force est de constater qu'aucune réponse n'est apportée au théâtre comme au cinéma, nous y répondrions bien volontiers : C'est nous qu'on a peur de Virginia Woolf ! Car, oui, il y a quelque chose d'intimidant chez Virginia Woolf, figure majeure de la littérature britannique dont la seule évocation emporte avec elle tout un mythe... Mais pas question de se laisser impressionner car, après tout, la vie nous prouve chaque jour que c'est en surmontant ses craintes que l'on remporte les plus belles victoires. Et ce roman en est la parfaite illustration.
Des noms qui réveillent l'imaginaire, des coiffes à plumes extraordinaires, des coutumes mystiques, des perdants sublimes, de la fierté, du courage, voici pour résumer ce qui constituait mon émerveillement d'enfant pour les indiens d'Amérique. Bien des années plus tard, il faut bien admettre que la fascination est toujours là, plus éclairée qu'elle ne l'était alors mais tout aussi vive. Car petit ou grand, comment ne pas aborder le destin tragique des nations amérindiennes avec un intérêt proche du sacré ?
